Le syndrome du déserteur ou comment éviter le conflit

Toi aussi, tu fuis le conflit comme la peste ?


Le conflit, très peu pour toi, tu es une personne gentille, bienveillante, tu ne t’abaisses pas à ça, tu préfères l’harmonie... Et si tu avais tout faux et que fuir le conflit te faisait passer à côté de ta vie ?


Voici comment tu peux accéder rapidement aux différentes parties de cet article :



Fuir le conflit, ça te connaît


Tu prends tes jambes à ton cou dès que le ton monte dans une conversation ? Tu paniques quand quelqu’un n’est pas d’accord avec toi, tu ne donnes pas ton avis de peur de heurter l'autre et dès qu'on te critique, tu en fais toute une histoire : « que va-t-il penser de moi ? », « est-ce que j’ai un problème ? », « il y a sûrement quelque chose que je ne fais pas bien », etc.


En gros, pour éviter de subir la panique épuisante de la confrontation, tu as élaboré une stratégie infaillible.


Le conflit, du plus grand au plus petit, tu préfères l'éviter.

Toi, tu es une personne serviable, aimable, bienveillante, gentille, qui fait plaisir... Ce genre de personne qui « ne prend pas les choses personnellement ». Le conflit, très peu pour toi, tu te sens bien « au-dessus » de ça.


Et puis, un jour, comme un ballon de baudruche, tu éclates en vol, gonglé∙e de trop de colère impossible à étouffer plus longtemps.


Tu piques une crise, tu exploses en sanglots, tu pars en burnout, tu peux même devenir aggressif·ve et laisser tes mots ou tes gestes aller trop loin...

Personne n’y comprend plus rien, « elle doit avoir ses règles celle-là » ou « il est bipolaire » ou « elle gère mal ses émotions », etc.



Fuir le conflit ou comment refouler ta colère


La colère est une émotion fondamentale.


Son rôle est de te fournir l’énergie nécessaire pour faire respecter ton identité, tes limites, ton territoire, ce qui a de l’importance à tes yeux lorsque ton intégrité (physique ou morale) est menacée.


Mais en fuyant la colère, tu l’as aussi muselée.


Tu n'es donc plus en mesure de recevoir ses messages d'alerte, du genre :

  • attention, quelqu'un essaye de te la mettre à l'envers,

  • attention, quelqu'un essaye de dépasser tes limites,

  • attention, dans cette situation, tu ne respectes pas tes valeurs ou tes besoins

  • ...

En plus d'ignorer ces messages, il te manque les ressources pour protéger ton territoire intérieur des agressions du quotidien.


Exemple : tu laisses quelqu'un se moquer de toi, tu n'as déjà pas une bonne image de toi, donc, tu laisses la personne faire et heurter tes sentiments en toute impunité. Résultat, ton image de toi baisse encore plus et la personne se permettra sûrement de recommencer dans le futur.


À force de réprimer cette colère, tu n’y as plus vraiment accès et ça devient de plus en plus difficile de la mobiliser au bon moment, quand tu as besoin de t'affirmer.

Tu perds confiance en toi et tu fuis encore plus le conflit. Au bout d’un moment, cette colère retenue trop longtemps explose n’importe comment.



Les conséquences de cette fuite :


Le résultat de ce comportement c’est que :


Tu t’écrases

Tu te fais marcher sur les pieds à longueur de journée, sans rien dire, puis, parfois, tu exploses. Et là, ça déborde, personne n’y comprend plus rien : « pas besoin de te mettre dans des états pareils ». Tu culpabilises et tu te juges sévèrement, tu entretiens une mauvaise image de toi.


Tu t’épuises

Tu en fais trop, tu n’oses pas dire non et les autres le savent. Tu leur tends la main et ils te bouffent le bras, voire plus. Au travail, tu fais des heures supplémentaires et tu le considères comme normal, tes talents, tes idées et ton temps en sont dévalorisés.


Tu désertes les relations

Tu sais que tu n’auras pas le dernier mot dans une discussion, parce que tu seras déjà parti·e en courant, du coup, tu évites la discussion, tes relations deviennent fades et superficielles puisque tu préfères éviter de « blesser » en disant ce que tu penses, ta vérité.


Tu te rends malade

Tu es frustré·e et en colère, mais tu refoules ces émotions qui te rongent, tu as des piques de colère, de migraine, des maux de dos à tant dissimuler ce poids émotionnel sur tes épaules. Tu es prisonnier·ère de toi-même et de ce musellement que tu t’es imposé·e.



Tu te fuis toi-même

A tant fuir la confrontation, tu t’es même un peu perdu∙e de vue, à ne pas respecter tes propres besoins et à capituler devant l’avis ou l’opinion des autres, tu as perdu confiance en toi.


Car, finalement, ce que tu fuis le plus quand tu évites le conflit... C’est toi-même.

Toi-même que tu laisses de côté, toi-même contre qui tu es en colère, toi-même que tu abandonnes, toi-même que tu déçois...


Pourquoi tu fuis le conflit, le syndrome du déserteur


1. Tu penses que la colère, c’est « mal »


Tu culpabilises d’éprouver de la colère, quelque chose en toi te dit que c’est indigne et tu te sens honteu.se quand tu éprouves ce sentiment. En voulant dissimuler cette colère que tu considères peut-être mauvaise ou immorale, tu te coupes d’elle.


2. Tu penses que tu seras rejeté·e si tu es différent·e ou penses différemment


Dans ce cas, tu as associé le conflit à un danger mortel. Le danger de ne pas appartenir au groupe ou de te faire rejeter si tu ne partages pas le même avis ou si tu es différent.e. Or, en tant qu’être humain, notre survie dépend du groupe.

Dans ta tête (et émotionnellement) tu as fait le raccourci suivant : désaccord = mort.

Quand notre cerveau est face à une peur de la mort, il se met en mode survie et donne l’alerte à ton corps de prendre ses jambes à son coup (par exemple si tu te fais poursuivre par un animal féroce, ton premier réflexe sera sûrement de t’enfuir).


Tous tes sens se mettent donc en alerte maximale dès que le moindre signe de désaccord se fait sentir. Tu actives automatiquement ton comportement correspondant : la fuite.


3. Tu penses que tu n’as pas assez de valeur pour mériter d’être respecté ou de t’affirmer


Quelque chose en toi pense que tu ne mérites pas d’être respecté.e à ta juste valeur, car ... tu vaux moins que rien. Ce manque d’estime de toi te conduit à laisser tes limites être bafouées plutôt que de t’imposer pour les faire respecter : tu es tellement nul.le, il vaut mieux que tu sois accompagné.e par n’importe qui, plutôt que de te retrouver seul.e, car qui voudrait de toi ?


4. Tu te penses inférieur.e aux autres


Tu penses que ce que tu as à dire est sûrement moins important ou moins intelligent que ce que les autres pourraient savoir ou faire. Tu dénigres tes compétences, tu te considères moins important.e, différent.e ou moins doué.e que les autres, tu ne donnes jamais ton avis, de peur d’avoir l’air bête ou d’être raillé.e par les autres.


Tu évites donc le conflit, car tu as constamment l’impression de ne pas avoir les « armes » pour affronter ton adversaire :

il sait sûrement quelque chose que tu ignores, il en sait plus que toi, tu n’as peut-être pas tout compris, peut-être qu’il a raison, etc...


5. Tu penses que c'est mal de dire la vérité si elle peut blesser


Tu penses que pour être aimé.e ou avoir ta place dans le groupe, tu dois être serviable, avenant.e, aimable, toujours souriant.e... Du coup, tous les comportements qui ne sont pas utiles ou positifs pour le reste du monde, tu les zappes.


Tu fais passer les besoins des autres avant les tiens, tu n’oses pas dire ce que tu penses, tu en finis par ne plus être pleinement authentique dans tes relations qui te fatiguent, te prennent de l’énergie, même.

Pour faire plaisir, tu ne dis jamais non, avec pour conséquence de t’oublier, encore une fois...totalement.


« Si tu as un ami qui souffre, sois un asile pour sa souffrance, mais sois en quelque sorte un lit dur, un lit de camp : c'est ainsi que tu lui seras le plus utile ». - F. Nietzsche

Guérir ton syndrome du déserteur et oser t’affirmer ?


C’est bien beau tout ça, mais comment faire maintenant que tu veux enfin te donner l’autorisation de défendre ton opinion ?


Alors, étant moi-même la première à m’évaporer au moindre signe de désaccord, je ne suis pas une spécialiste, mais voici les 4 étapes que j’ai identifiées pour guérir de ce syndrome du déserteur petit à petit.



1. Soigne tes blessures émotionnelles


Si tu vis des émotions douloureuses liées à un manque d’estime de toi, si tu ne t’apportes pas assez de valeur et que tu considères que tu ne mérites pas d’être heureux.se, peut-être que certaines blessures émotionnelles attendent que tu les soignes. La petite fille, le petit garçon en toi attend que tu viennes le.la reconnaître et que tu l’aides à dépasser ses peurs pour arrêter d’être terrorisé.e par le rejet ou l’abandon.


C’est le travail de transformation que je réalise en coaching identitaire et génératif, comme tu le vois, c’est la source du problème, la première étape sur laquelle s’attarder avant d’aller plus loin.


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2. Accueille et régule ta colère


Laisse de la place à cette partie de toi qui ne demande qu’à t’aider pour que tu puisses te sentir épanouie et sereine dans les différents domaines de ta vie. Est-ce que tu te rends compte que tu n’es pas pleinement toi-même quand tu refoules certaines parties ? Tu prives les autres et le monde de quelque chose d’unique et de très beau, un être authentique et naturel.

Plutôt que de laisser gonfler le ballon jusqu’à l’explosion, régule la tension en laissant échapper régulièrement le surplus de tension et éviter de péter les plombs. Tu peux effectuer cette régulation en pratiquant une activité qui te permet d’exprimer ou d’évacuer tes émotions.


3. Fais-toi confiance et nourris ton estime de toi


Reprends confiance en toi en changeant les histoires que tu te racontes sur toi. Passe du « je vaux moins que les autres » à « ma valeur est totale à tout moment ». Remplace les pensées dévalorisantes par des pensées plus douces et justes envers toi-même.


Ta valeur ne dépend pas de ce que tu fais, tu n’as rien à faire de plus pour mériter d’être heureux.se et de te sentir bien.

4. Change ta vision du conflit


En soi, le conflit n’est pas quelque chose de négatif. Le conflit permet même souvent d’arriver à des solutions innovantes ou à des compromis qui permettront de satisfaire les intérêts de tout le monde.


Si tu fuis le conflit pour faire plaisir, qu’à la fin tu n’es pas satisfait.e d’une situation ou d’une relation et que tu la fuis, tu vois bien que le résultat est perdant perdant pour les deux parties ! Alors que si tu dis ce que tu penses, tout le monde peut s’adapter pour développer une relation intéressante pour tout le monde : tout le monde y gagne quand tu oses dire et être qui tu es !


5. Dis ce que tu penses et entraîne-toi, petit à petit


Maintenant que tu sais que tu ne vas pas y laisser ta peau, le conflit devrait t’apparaître beaucoup moins terrifiant.


Bien sûr tu feras des erreurs, parfois tu t’emporteras ou tu deviendras émotionnel.le, mais c’est à force de dire ce que tu penses et de t’affirmer que l’exercice deviendra de plus en plus naturel.

Quand tu te seras pleinement réconcilié.e avec ta colère et qu’elle sera libre de s’exprimer régulièrement, tu ne devras plus redouter les débordements.

Bon courage pour apprivoiser tes nouveaux comportements !

Je m'appelle Céline, je suis coache de carrière certifiée et dénicheuse de talents naturels. Je suis enthousiaste, passionnée et un peu perchée (il parait !). La plupart du temps, je vois les choses en grand et je gère mal mon temps (je crois que je ne devrais pas dire ça). Ma mission dans la vie est d’aider mes client.e.s à transformer leur vie professionnelle pour se sentir épanouï.e.s et motivé.e.s dans leur job. J’aide mes client.e.s à définir et à concrétiser un projet professionnel viable et qui a du sens à leurs yeux. J’ai développé ma propre méthode, découvre-là ici.

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